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Durant le mois d’août, des cas groupés de légionellose ont été identifiés à Paris avec comme particularité d’être domiciliés ou d’avoir fréquenté la moitié Ouest du 13e arrondissement et la frange contiguë du 12e pendant les 10 jours précédent la date de début des signes (incubation de 10 jours). Au total, 26 cas ont été identifiés, 7 résidant à Paris, 12 en Ile-de-France hors Paris et 7 hors Ile-de-France.

Ces patients ont tous présenté des signes de pneumopathie et leur diagnostic de légionellose a été confirmé biologiquement ; tous ont été hospitalisés. Leur âge était compris entre 21 et 86 ans et 85 % étaient de sexe masculin. Deux patients sont décédés, 19 sont guéris et 5 sont toujours hospitalisés. La date de début des signes cliniques des cas s'échelonne du 28 juillet au 2 septembre.
Une enquête épidémiologique et environnementale a été menée par la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) de Paris avec l'appui de la Cellule Interrégionale d’épidémiologie (Cire) Ile-de-France, du Centre national de référence (CNR) des légionelles, du Service technique interdépartemental des inspections des installations classées (STIIIC) et de l’Institut de veille sanitaire (InVS).
L’enquête a montré que tous les patients résidaient ou avaient fréquenté, une zone géographique centrée autour de la gare d’Austerlitz et dont les limites sont, à l’est la gare de Lyon, à l’ouest l’avenue d’Italie, au nord le pont d’Austerlitz et le boulevard de l’hôpital et au sud le boulevard Masséna. L’analyse épidémiologique a fait suspecter une ou plusieurs sources communes de contamination avec émission d’aérosols localisée, de type tour aéroréfrigérante (TAR) située dans la zone géographique identifiée.
Les investigations menées par le STIIIC ont permis d’identifier parmi les sites de la zone, 4 sites à risque pour lesquels les résultats des prélèvements montraient la présence de légionelles. Les TAR suspectées ont été désinfectées et/ou arrêtées et des prélèvements de contrôles effectués. Des souches de Legionella pneumophila sérogroupe 1 ont été isolées chez 7 patients. Les résultats montrent que les profils génomiques des souches de 6 patients étaient identiques.
Les résultats des prélèvements environnementaux ont permis de montrer que les souches isolées dans les TAR d’un des sites suspecté présentaient des profils identiques à ceux des souches isolées chez les 6 patients. Les TAR de ce site ont été arrêtées le 7 septembre et un plan de redémarrage définit les modalités de remise en fonctionnement de ces TAR. Compte tenu de la durée de la période d’incubation et des mesures prises, l’épisode peut être considéré comme clos.
Commentaires
Ce nouvel épisode indique que les TAR continuent d’être à la source d’épidémie communautaire de légionellose. Il souligne l’intérêt du signalement immédiat des cas à la Ddass par les médecins ou les biologistes qui les diagnostiquent pour la détection précoce des cas et la mise en œuvre rapide des mesures de contrôle adaptées. La mise en culture des prélèvements respiratoires pour 7 patients sur 26 a également contribué à l’identification de la source probable de contamination, en rendant possible les comparaisons avec les souches environnementales. Il convient ainsi de rappeler l’importance déterminante de l’isolement de souches cliniques dans l’investigation. La collaboration entre tous les services impliqués dans la lutte contre les légionelles est également déterminante pour la maîtrise du risque.
Figure 1: Distribution journalière des cas groupés de légionellose en fonction de la date de début des symptômes
La légionellose
En France, 1527 cas de légionellose (dont 152 décès) sont survenus en 2005 soit 3 cas pour 100 000 habitants.
La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie (Legionella), qui se traduit par une fièvre, une toux et une pneumopathie parfois sévère nécessitant souvent une hospitalisation .
La maladie peut être mortelle dans 10% à 30% des cas et un traitement antibiotique adapté et précoce permet de limiter les complications. L'incubation est de 2 à 10 jours. La transmission se fait par voie respiratoire par l'inhalation d’aérosols contaminés. Il n'y a pas de transmission inter-humaine de la maladie. La consommation de produits alimentaires qui aurait été arrosés par de l'eau contaminée ne représente pas de risque.
source: invs.sante.fr |